Ceci n'est pas une fiche métier de plus, de celles que vous trouverez sans peine ailleurs sur le Web. C'est plutôt un ensemble de conseils que je destine à celles et ceux qui souhaitent se lancer dans le référencement naturel à leur compte. J'en croise beaucoup au fil des formations que j'anime, et parmi les personnes qui nous font l'honneur de passer du temps auprès de notre agence dans les Hauts-de-France. Le référenceur freelance fleurit depuis quelques années, quand il n'est pas déjà devenu un expert reconnu. Si vous lisez ces lignes, c'est que vous êtes probablement déjà convaincu(e) de la nécessité pour une activité de se développer au travers du Web, et sans doute séduit(e) par la promesse d'un métier du digital exercé en toute indépendance.
Je vais donc partager ici, modestement, un petit nombre de conseils accumulés sur le terrain. Mon propos n'est pas de vous vendre du rêve, ni de vous dresser une liste de démarches administratives que votre expert-comptable connaîtra mieux que moi. Il s'agit plutôt de vous transmettre un état d'esprit, une manière d'aborder le référencement et le statut d'indépendant, afin que vous ne vous lanciez pas à l'aveugle. Devenir freelance SEO, c'est un peu plus que maîtriser quelques balises : c'est accepter de conjuguer deux métiers, celui de référenceur et celui de chef d'entreprise.
Apprendre le métier de référenceur n'est pas simple, et c'est ce qui en fait le charme
Le référencement naturel est avant tout, de mon point de vue, une profession de passionnés. Pourquoi ? Parce qu'il est tout bonnement impossible d'emmagasiner la tonne d'informations, parfois arbitraires et souvent erronées, que l'on déniche sur le Web. Infobésité, quand tu nous tiens... Le débutant se retrouve rapidement noyé sous des tutoriels contradictoires, des recettes miracles et des affirmations péremptoires qui ne résistent pas à l'épreuve des faits.
Peut-on se former pour éviter ces errements consistant à chiner et glaner çà et là les bonnes informations ? Sans aucun doute. Des formations courtes et plus longues ont vu le jour, depuis les organismes de référence de la profession jusqu'aux licences professionnelles proposées par certains IUT. Je tiens cependant à préciser une chose : le but d'une licence n'est pas tant de faire de vous un freelance que de vous permettre de décrocher un emploi salarié. Ce sont deux trajectoires distinctes, et il est utile de le savoir avant de s'engager.
Vous gagnerez assurément du temps par l'apprentissage encadré, mais c'est bel et bien la veille et le test qui feront de vous un bon référenceur. Certaines écoles vous proposent le SEO en complément d'autres disciplines du webmarketing ou de l'informatique. C'est parfois insuffisant, surtout lorsque le volume horaire se résume à quelques heures dans l'année. En huit heures de cours, un bon professeur peut au mieux vous convaincre de l'importance du sujet ; il ne peut pas faire de vous un praticien. Soyez donc curieux, inventif pour commencer, et suivez les consignes que Google met à disposition. Ces principes, accessibles à tous, ont le mérite de vous forcer au questionnement. Par exemple : pourquoi, en faisant tout comme il faut, cela ne fonctionne-t-il pas toujours ?
Se former sans jamais cesser d'expérimenter
La formation initiale, quelle qu'elle soit, ne dispense jamais de la pratique. Je vous encourage à considérer chaque connaissance apprise comme une hypothèse à vérifier plutôt que comme une vérité gravée dans le marbre. Le SEO évolue au rythme des mises à jour des moteurs, et une technique valable hier peut devenir contre-productive demain. C'est pourquoi je conseille toujours de tenir un carnet de tests, où vous consignez ce que vous modifiez, la date, et l'effet observé sur vos positions. Cette rigueur, empruntée à la démarche scientifique, vous distinguera très vite de la masse de ceux qui appliquent des recettes sans les comprendre.
Gardez un esprit d'autodidacte du SEO
La curiosité et l'inventivité sont des qualités qui nécessitent de l'entraînement, et ce sont elles qui définissent le référencement naturel dans ce qu'il a de plus noble. La force des autodidactes réside dans le travail acharné pour que les choses fonctionnent : c'est davantage de temps dépensé que celui qui se contente de suivre ce qu'on lui a enseigné à l'école. J'ai commis quantité d'erreurs sur mes premiers blogs avant de décrocher de bonnes requêtes. Je compare volontiers cet apprentissage à une forme de fighting spirit, cette combativité qui vous fait recommencer là où d'autres abandonnent.
Vous savez, le monde commence à se presser sur certaines requêtes. Parfois, aucune stratégie tirée des consignes officielles ne suffit à produire du résultat. Songez aux mots-clés très concurrentiels, ceux du courtage, de la serrurerie ou de la plomberie : la théorie y montre vite ses limites. C'est là que l'inventivité vous conduira à des tests plus sérieux, qui auront le mérite de vous former en profondeur. Une précaution s'impose toutefois : menez ces expérimentations sur vos propres contenus. Pénaliser le site d'un client par une manipulation hasardeuse, cela fait mauvais effet, et c'est aussi une faute professionnelle.
Allez lire les excellents ouvrages proposés par les personnalités reconnues du métier, lisez des blogs jusqu'à ne plus rien comprendre, puis reprenez le lendemain. C'est dans cette persévérance que se forge le référenceur.
Rester prudent malgré les réussites
La difficulté du métier réside dans la technicité qu'il faut acquérir. Comme consultant, on peut parfois faire illusion ; le souci, c'est que cela se voit vite. En revanche, lorsque vous mettez véritablement les mains dans le cambouis, c'est là que vous vous révélez. Aujourd'hui encore, après plusieurs années de conseil, je m'émerveille du résultat des actions que je mène. Et je conserve ces petites craintes salutaires : suis-je passé à côté d'un point rédhibitoire dans mon plan ? Ai-je omis un aspect crucial ? Ce doute mesuré est un allié, pas un ennemi.
Il me rappelle mes grandes périodes de tests sur des sujets où rien ne fonctionnait, où je subissais la désillusion. C'est peut-être cela le plus stimulant, et c'est ce qui m'a conduit à exercer ce métier avec constance. La prudence n'est pas de la timidité : c'est la marque d'un professionnel qui sait que le référencement se joue sur la durée et que la sur-optimisation, l'excès d'assurance ou la précipitation coûtent cher.
Mesurer avant de conclure
Une réussite n'en est une que si vous êtes capable de la mesurer et de l'expliquer. Trop de débutants attribuent une progression à leur dernière intervention alors qu'elle tient à un tout autre facteur. Prenez l'habitude de documenter vos résultats, de croiser les sources de données et de ne jamais tirer de conclusion hâtive à partir d'un unique indicateur. Cette honnêteté intellectuelle vis-à-vis de vous-même deviendra, le jour venu, une honnêteté vis-à-vis de vos clients, et c'est elle qui bâtira votre réputation.
La qualité sous-évoquée du référenceur : savoir lire
On parle beaucoup de tests, de veille, de curiosité, d'échanges et de fighting spirit. Rien que de très banal en soi. Pourtant, une compétence est trop souvent oubliée : la lecture. Remarquez, dans vos parcours, la plume des très bons rédacteurs web parmi les référenceurs reconnus. Pour se tenir bien informé et glaner les meilleurs conseils, outre l'échange verbal qui demeure nécessaire, ce sont bien les qualités de lecteur qui font la différence. Parfaitement complémentaires, elles vous permettent de mettre au point, durant vos nuits réflexives, les prochains ajustements qui amélioreront les positions.
Lire, c'est aussi apprendre à repérer l'information solide au milieu du bruit. Un référenceur qui lit beaucoup développe un flair pour distinguer la source fiable de l'affirmation gratuite. Il apprend le vocabulaire du métier, comprend les publications techniques, et suit les évolutions des moteurs avec un temps d'avance. Ne négligez donc jamais cet exercice : il est le socle silencieux de toute expertise durable.
Créer son propre site de freelance SEO
Beaucoup de confrères n'ont pas de blog. Certains parce qu'ils n'en ont pas le temps, d'autres parce que leur notoriété se suffit à elle-même, d'autres encore pour je ne sais quelle raison. Je trouve pourtant dommage, pour un freelance, de ne pas disposer d'un site personnel. Le mien, avec ses nombreuses imperfections, m'a permis de tester quantité de choses ; il n'est pas le seul. Il sert aussi à jeter des idées, à les partager à une communauté qui en fera ce que bon lui semble.
Depuis que je m'intéresse aux modèles économiques et au Web, je répète la même chose : vous avez un projet ? Commencez par monter un blog. Cela sert toujours, ne serait-ce que comme solution défensive pour gérer votre e-réputation. Et surtout, cela vous oblige à écrire. Non pas que le contenu texte soit l'alpha et l'oméga du référencement — le travail off-page a été pour moi une révélation, et la vidéo un champ immense à explorer — mais c'est bien la rédaction qui vous conforte, qui assoit ce que vous faites et qui vous rend plus avisé. Affinez votre plume : elle vous le rendra, y compris lorsque vous collaborerez avec des rédacteurs.
Votre site de freelance remplit en réalité trois fonctions que je vous invite à ne pas confondre. La première est la démonstration : il prouve, par ses propres positions, que vous savez faire. La deuxième est la génération de contacts : bien pensé, il vous amène des demandes qualifiées sans que vous ayez à prospecter frontalement. La troisième est le laboratoire : c'est votre terrain d'expérimentation personnel, celui sur lequel vous pouvez tout tenter sans risquer le référencement d'un client.
Rassurez-vous sur des projets simples de référencement
Qu'est-ce qu'un projet simple en SEO ? Le référencement local en est un bon exemple. Les techniques y sont, toutes proportions gardées, assez restreintes et plutôt bien connues. Pour peu que vous cibliez des requêtes peu concurrentielles, vous aurez la satisfaction de générer quelques succès rapides. C'est essentiel pour se fixer ensuite des objectifs plus ambitieux, qui demanderont davantage de temps et de moyens.
Commencez par aider un proche pour lequel les enjeux ne sont pas vitaux. Faites-vous accompagner par un mentor ou une personne aguerrie qui vous donnera quelques conseils d'optimisation et répondra à vos questions. Fréquentez les forums — ce n'est pas has been —, participez à des groupes professionnels, suivez les praticiens qui partagent leur savoir. Un petit projet peut être mené à bien en deux ou trois mois. C'est un excellent moyen d'acquérir les réflexes qui feront la différence plus tard, sur de plus gros sujets.
Un chemin en étapes pour se lancer
Pour rendre tout cela concret, voici la progression que je recommande le plus souvent à ceux qui me sollicitent. Ce n'est pas une formule magique, mais une ossature raisonnable pour éviter de brûler les étapes.
- Apprendre les fondamentaux : comprendre le fonctionnement des moteurs, la logique des requêtes, la structure d'une page et les grands principes techniques avant de toucher au moindre site client.
- Pratiquer sur vos propres supports : montez un blog ou un petit site, expérimentez, mesurez, documentez chaque test dans un carnet dédié.
- Aider un premier projet à faible enjeu : un proche, une association, une petite activité locale, pour vous confronter à un cas réel sans pression excessive.
- Vous entourer : trouvez un mentor, intégrez une communauté, échangez sur vos difficultés et confrontez vos idées.
- Choisir votre statut et vous déclarer : renseignez-vous sur les formes juridiques adaptées à l'indépendant et faites-vous conseiller par un professionnel du chiffre.
- Construire votre offre et votre tarification : définissez ce que vous vendez précisément, à qui, et sur quelle base vous facturez votre temps ou vos résultats.
- Prospecter et fidéliser : signez vos premières missions, livrez un travail irréprochable, et transformez chaque client satisfait en source de recommandations.
Deux métiers en un : référenceur et chef d'entreprise
Voici le point que l'on sous-estime le plus quand on rêve d'indépendance. Devenir freelance, ce n'est pas seulement faire du SEO ; c'est aussi gérer une activité. Vous devrez apprendre à établir des devis, à suivre votre trésorerie, à relancer les factures impayées, à dire non aux projets qui ne vous conviennent pas et à organiser votre temps sans hiérarchie pour le faire à votre place. Beaucoup d'excellents techniciens échouent non par manque de compétence en référencement, mais parce qu'ils ont négligé la dimension entrepreneuriale.
Pour vous aider à visualiser cet équilibre, voici une comparaison synthétique des deux casquettes que vous porterez au quotidien.
| Dimension | Casquette de référenceur | Casquette de chef d'entreprise |
|---|---|---|
| Objectif principal | Améliorer la visibilité des sites confiés | Assurer la pérennité de votre activité |
| Compétences clés | Technique, rédaction, analyse, veille | Gestion, commercial, relation client, organisation |
| Temps consacré | Production et expérimentation | Devis, suivi, prospection, administration |
| Risque principal | Techniques dépassées ou mal maîtrisées | Dépendance à un seul client, trésorerie fragile |
| Indicateur de réussite | Positions et trafic durables | Revenu régulier et clients fidèles |
Je vous invite à consacrer un temps réel à la seconde colonne. Un carnet de commandes bien tenu, une relation de confiance avec un expert-comptable et une discipline sur les relances valent parfois autant qu'une belle progression de positions. L'indépendance a un prix : celui d'assumer seul l'ensemble de ces responsabilités, au moins au début.
Construire une réputation qui travaille pour vous
La réputation, dans notre métier, ne se décrète pas : elle se construit mission après mission. Le meilleur commercial d'un freelance, c'est un client satisfait qui parle de vous. Je vous encourage donc à soigner chaque livrable comme s'il devait être vu de tous, à expliquer vos actions avec pédagogie et à rester transparent, y compris lorsque les résultats tardent. Un référencement honnête, qui ne promet pas la première position en trois semaines sur des requêtes impossibles, inspire davantage confiance qu'un discours flatteur.
Publiez, partagez, échangez. Un article de blog, une intervention dans un groupe professionnel, une réponse utile sur un forum : ce sont autant de graines. Vous ne récolterez pas immédiatement, mais avec le temps, ces contributions bâtissent une autorité qui vous précède et vous amène des contacts que vous n'auriez pas obtenus autrement. La régularité prime ici sur l'intensité : mieux vaut une publication solide chaque mois qu'un feu de paille suivi d'un long silence.
Quelques repères pour tenir dans la durée
Voici enfin les habitudes qui, à mon sens, font la différence entre le freelance qui s'essouffle et celui qui s'installe durablement dans le métier :
- Veiller sans relâche : réservez chaque semaine un créneau à la lecture et à l'expérimentation, considérez-le comme un rendez-vous non négociable.
- Diversifier vos clients : ne dépendez jamais d'un seul donneur d'ordre, car sa perte fragiliserait toute votre activité.
- Documenter votre travail : gardez la trace de vos tests et de vos résultats, ils nourriront votre expertise et rassureront vos clients.
- Fixer vos limites : apprenez à refuser les missions irréalistes ou les clients qui ne respectent pas votre travail.
- Continuer d'écrire : votre site personnel reste votre meilleure vitrine et votre laboratoire le plus fidèle.
Un dernier conseil avant de vous lancer
Quand vous devenez professionnel, retenez ce principe simple : travaillez toujours les sites comme s'ils étaient les vôtres. Vous ne lâchez rien, vous restez curieux, vous doutez juste ce qu'il faut, et vous êtes alors condamné(e) à devenir bon. Le métier de référenceur freelance n'a rien d'un long fleuve tranquille, mais c'est précisément cette exigence permanente qui en fait la richesse.
Ne cherchez pas à tout savoir avant de commencer : personne ne maîtrise l'ensemble du référencement, et surtout pas du premier coup. Lancez-vous sur des projets accessibles, entourez-vous, mesurez, corrigez, et progressez pas à pas. L'indépendance se gagne autant par la compétence technique que par la constance et l'honnêteté. Si vous cultivez ces trois qualités, vous ne deviendrez pas seulement freelance : vous deviendrez un référenceur en qui l'on a confiance, et c'est là, croyez-moi, le plus beau des positionnements.